La Riviera du Levant sous voile
Entre Portofino, San Fruttuoso et les Cinque Terre, la voile dessine l’itinéraire le plus spectaculaire de la Méditerranée italienne
Santa Margherita Ligure est une porte. Une porte dorée, car elle s’ouvre sur l’une des portions de côte les plus cinématographiques d’Italie, mais aussi une porte civilisée, faite de promenades ordonnées, de hauts palmiers, d’hôtels d’un autre temps et d’une culture de la mer aux racines anciennes.
Choisir une location de voilier à Santa Margherita, c’est partir d’un point d’équilibre, d’un port qui est déjà une promesse, pour s’aventurer dans un amphithéâtre maritime qui a peu d’équivalents en Méditerranée.
Le Tigullio est un golfe qui se raconte mieux depuis la mer. La côte, découpée, se dévoile en une succession de promontoires, de criques, d’anses où le vert des pinèdes tombe directement dans le bleu. Portofino, naturellement, est la première destination.
Mais ceux qui ont déjà vu Portofino savent que le vrai plaisir est d’y arriver par la quille, de choisir son mouillage dans le golfe du Phare, et d’observer le village du point de vue le plus juste, celui qui fait comprendre pourquoi tant d’écrivains et d’artistes se sont arrêtés ici sans plus savoir comment repartir.
La magie de San Fruttuoso
Un itinéraire classique de location de voilier à Santa Margherita mène inévitablement à l’abbaye de San Fruttuoso.
C’est l’un de ces lieux qui n’existent que grâce à la mer.
Serrée entre deux promontoires, accessible à pied seulement après une marche exigeante ou en bateau avec une facilité presque liturgique, l’abbaye bénédictine du Xe siècle se reflète dans l’eau en une image qui semble sortie d’un tableau mélancolique des Macchiaioli.
Mouiller devant San Fruttuoso, prendre le petit-déjeuner pendant que le soleil illumine la façade en pierre, est l’une des expériences les plus douces que la Méditerranée italienne sache offrir.
Un peu plus à l’ouest, Camogli ajoute son chapitre. Les hautes maisons, peintes de couleurs que le soleil ne délave jamais tout à fait, se reflètent dans le petit port de pêcheurs. Vue de la mer, Camogli est un tableau vivant. Vue de la jetée, racontée par ceux qui y vivent, c’est la preuve que la Ligurie sait encore préserver ses identités.

Les Cinque Terre, un chapitre à part
Pousser vers le sud, vers les Cinque Terre, est un autre type d’expérience. La voile est ici le moyen parfait, car elle permet d’observer les villages dans leur intégralité, de la mer vers les terrasses de vignes qui semblent tenues par des fils invisibles. Vernazza, Manarola, Riomaggiore.
Chaque nom est une carte postale, chaque carte postale est une vérité. Mais la voile permet d’aller au-delà de la carte postale. Elle permet de découvrir les anses secondaires, les grottes à rejoindre en annexe, les pinèdes où mouiller l’après-midi pour une baignade d’une beauté intime.
Le style du Tigullio sous voile
Il y a ici un style précis, que la location de voilier sait exalter. C’est un style que la Ligurie a codifié depuis des siècles et qui atteint à Santa Margherita sa forme la plus accomplie.
On s’habille avec un certain soin, même en bateau.
On déjeune avec les produits du terroir, l’huile des rivieras, le pesto fait comme il se doit, la focaccia de Recco quand on rentre à terre.
On boit un Pigato de Pietra Ligure, un Vermentino des Colli di Luni.
On s’offre un café au Covo de Portofino, un apéritif au coucher du soleil sur la piazzetta qui n’a pas besoin de présentation.
La voile ajoute à tout cela la dimension du silence. Quand les voiles prennent le vent et que le moteur s’arrête, le Tigullio change de ton. On entend le bruissement de l’eau sous la quille, le clapotis sur les flancs, le sifflement du vent dans les haubans.
C’est un silence qui n’est pas absence, mais une présence différente, plus ancienne, faite de la même matière qui a toujours conduit les marins ligures vers tous les coins du monde.
Le vent du Tigullio
Ceux qui connaissent ces eaux savent que le vent, ici, a de la personnalité. La tramontane, quand elle souffle, offre des journées d’une limpidité qui permet de voir loin, des Apuanes au promontoire de Portofino comme s’ils étaient à deux pas. Le libeccio, en retour, peut être exigeant et doit être lu avec attention.
La brise d’été, celle des après-midi, est en revanche la plus clémente, celle qui permet de tirer des bords lents entre Punta Manara et le mont de Portofino, en profitant de tout le spectacle.

Une semaine type depuis Santa Margherita
Une semaine en voilier depuis Santa Margherita peut se transformer en un itinéraire qui suit le rythme naturel de la côte ligure.
Les premières escales sont souvent Portofino et San Fruttuoso, où les falaises et l’eau transparente semblent introduire lentement au voyage.
Plus au sud, Sestri Levante accueille avec la Baia del Silenzio, l’un de ces lieux qui semblent irréels au coucher du soleil.
De là, l’itinéraire continue vers le golfe des Poètes, La Spezia et Portovenere, avec l’île Palmaria qui apparaît à l’horizon comme un décor naturel.
Les Cinque Terre arrivent par la mer dans toute leur verticalité : Vernazza, Manarola, Riomaggiore.
Puis le retour vers le Tigullio, avec une halte à Rapallo, clôt le voyage en laissant le sentiment d’avoir traversé une Ligurie impossible à vraiment connaître depuis la terre ferme.
Un souvenir qui reste
L’été en Ligurie, vu du pont d’un voilier, laisse quelque chose qui dure dans le temps. La lumière change sans cesse : le matin elle est limpide et fine, au coucher du soleil elle allume la côte de reflets doux qui semblent sortis d’un tableau.
La mer aussi change de caractère pendant la journée, passant de la transparence calme des baies au bleu profond du large. Autour, les terrasses, les pins maritimes et les villages perchés composent un paysage qui n’existe nulle part ailleurs.
Une location de voilier à Santa Margherita permet de vivre tout cela de la façon la plus authentique : en suivant son propre rythme, en choisissant chaque jour un nouvel itinéraire, loin de la circulation et des foules.
Et c’est justement pour cela que certains étés, ici, ne restent pas que des photographies, mais de vrais souvenirs.


